L’intelligence collective suite

Bonjour,
Il y a quelques semaines, j’ai participé à un atelier sur l’intelligence collective et lorsque j’ai trouvé ce numéro de Cerveau & psycho magazine (numéro 78), j’ai pensé que c’était un heureux hasard. cerveau_psychoOù alors, le terme serait-il un buzz du moment ?

Ce magazine consacre tout un dossier sur « Les clés de l’intelligence collective » et a été écrit par Estelle Michinov, professeure de psychologie sociale à l’université de Rennes 2.
Voici un petit résumé de l’article :
Les modes de travail et les organisations poussent de plus en plus au travail collectif et plusieurs facteurs peuvent influencer l’efficacité d’un groupe: nature des tâches,  composition des équipes, règles de fonctionnement ou procédés en vigueur au sein d’une communauté. Grâce au psychologue Ivan Steiner, nous pouvons depuis 1972, identifier 4 types de tâches :

  • les tâches additives où les contributions individuelles s’additionnent et où le rendement du groupe dépasse celui du meilleur de ses membres. Exemple du tir à la corde.
  • les tâches compensatoires où la performance du groupe dépend de la moyenne des contributions et où le rendement dépasse souvent celui d’une partie de ses membres. Exemple de l’évaluation d’un candidat par un groupe.
  • les tâches disjointes où le rendement peut reposer sur la réponse d’un seul membre, le plus compétent. Exemple de résolution d’énigme.
  • les tâches conjointes où la réussite du groupe dépend de l’union des efforts de chacun et où le rendement peut dépendre de la contribution du membre le moins compétent; Exemple d’un groupe d’alpinisme où le plus lent ralentit le groupe.

L’intelligence collective se développe plus ou moins selon ces types de tâches et on sait aujourd’hui que les tâches conjointes sont plus propices au travail d’équipe.

Mais alors, qu’est-ce qu’une équipe intelligente ? Des travaux de recherche ont montré qu’une équipe avec des compétences et des styles cognitifs hétérogènes sont plus efficaces pour réaliser des travaux collectifs que celles qui sont constituées de membres à la personnalité trop proche.

Du coup, peut-on mesurer le QI d’un groupe, de la même manière qu’on mesure le QI d’une personne ?
Un collectif de personnes possède-t-il lui aussi une capacité générale et transversale de résolution, indépendante de la nature de la tâche et reflétant son intelligence propre ? Anita Woolley de l’université de Carnegie-Mellon de Pittsburgh a mené une série d’études auprès de 200 groupes de personnes qui furent soumis à des tâches variées et les résultats ont révélé l’existence d’un facteur déterminant de la performance collective qui expliquait 43% de la variabilité des performances des groupes. Le facteur « c » défini comme la capacité du groupe à réaliser une grande variétés de tâches. Les groupes les plus intelligents se caractériseraient par de nombreux tours de parole: les équipes résolvent mieux les problèmes si la communication est équitable. La communication décentralisée est aussi liée à la sensibilité sociale qui se caractérise par la capacité des membres d’un groupe à savoir ce que pensent ou ressentent les autres en observant leur regards, attitudes ou expressions faciales. Le dernier facteur serait la proportions de femmes dans un groupe; ceci grâce à la dimension de sensibilité sociale des femmes.

Un des aspects de l’intelligence collective les plus étudiés ces dernières années est la capacité des individus à partager des modèles mentaux communs pour créer des équipes efficaces. Une forme particulière de modèle mental est appelé mémoire transactive…La mémoire transactive peut être favorisée par la nature de la tâche, la taille du groupe, les interactions spontanées…La mémoire transactive semble également bénéficier de certains profils psychologiques dans le groupe; des personnalités assertives (capable de s’imposer, de dégager de la confiance et d’impulser des projets). Il est enfin possible d’influencer l’état d’esprit des participants pour favoriser une bonne mémoire transactive. Pour développer celle-ci, les groupes peuvent avoir recours au team building ou au team training. Les activités de team training qui ont pour objectif de faire travailler les membres des équipes sur les compétences psychosociales nécessaires pour travailler en équipe, le leadership, la coopération, la gestion du stress et de la fatigue, la prise de décision ont des effets bénéfiques sur la performance collective.

Pour conclure, la synergie de groupe émerge de ce dernier quand un certain nombre de conditions sont réunies.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s